22.1.07


Entretien exclusif du Chef d’état sahraoui
Le combat continue

Mohamed Khaled Drareni

La Tribune, Alger
10 Janvier 2007. Publié sur le web le 22 Janvier 2007

Trente-deux ans de lutte n’ont en rien ébranlé la détermination toujours intacte des militants sahraouis pour l’autodétermination.
Rencontré mercredi dernier à Alger, le premier de ces militants nous a de nouveau ouvert les yeux sur un combat valeureux que personne n’a réussi à faire taire. Sans dénigrer le Maroc, le président sahraoui Mohamed Abdelaziz abordera tous les volets de la vie politique et diplomatique qui rythme le quotidien des habitants de Tindouf et des territoires libérés. La situation humanitaire désastreuse et le manque cruel d’aides alimentaires seront abordés comme pour sensibiliser la communauté internationale sur le sort d’un peuple délaissé. De la bataille diplomatique ardue aux Nations unies ou dans les autres tribunes internationales, aux pressions exercées pour respecter un droit légitime, le président Abdelaziz ne laissera transparaître aucune faiblesse face à une diplomatie marocaine certes médiocre mais aidée par des Etats qui le sont moins.
C’est à ce sujet qu’il mettra l’accent sur les reniements et les reculades du Maroc face aux engagements pris durant le règne du roi Hassan II. La stratégie de Mohammed VI sera décortiquée, analysée et expliquée dans les moindres détails, et il est difficile d’y émettre des doutes. Face à toutes les médiations entreprises de par le monde, et à toutes les solutions négociées, le roi du Maroc persiste aujourd’hui dans sa politique isolationniste et clairement illégale. Au moment où la communauté internationale s’accorde à demander qu’un référendum soit organisé, le souverain attend toujours l’hypothétique solution politique qui balaierait du revers de la main les aspirations émancipatrices d’un peuple auquel le combat ne fait pas peur. Les Marocains doivent suivre aujourd’hui le chemin de la légalité et permettre au peuple sahraoui de choisir dignement son avenir. Il y va de leur crédibilité et de celle de l’une des plus vieilles et des plus respectables monarchies du monde. Face à l’éternel argument consistant à responsabiliser notre pays dans cette affaire de décolonisation, tous les chemins ne mènent pas à Alger, Votre Majesté.

Le président de la RASD: «L’autonomie est une marchandise périmée que Mohammed VI veut vendre à tout prix»

Courtois comme un vrai Sahraoui, Mohamed Abdelaziz, président de la République arabe sahraouie démocratique n’a usé ni de langue de bois ni de détour pour répondre à nos questions mercredi dernier à la résidence Djenane El Mithak. A son retour d’Amérique latine où il a assisté à la prestation de serment du président nicaraguayen Daniel Ortega et du président équatorien Rafaël Correa, et avant qu’il s’envole pour Tindouf, nous l’avons rencontré et avons pu avoir avec lui un entretien empreint de sincérité, et surtout de vérité

Q- Monsieur le Président, la crise humanitaire continue de menacer la population sahraouie avec la raréfaction des dons alimentaires. Où en est la situation aujourd’hui?
R - Tout à fait, il y a une véritable crise alimentaire aiguë dans les camps de réfugiés sur le territoire algérien, nous souffrons d’un manque cruel de denrées alimentaires. Je pourrais même dire que la situation est réellement alarmante. Depuis l’invasion marocaine de 1975, date à laquelle l’administration coloniale espagnole s’est retirée de façon anarchique, ces réfugiés attendent la décolonisation de leur territoire, une solution juste et un référendum d’autodétermination comme promis par les Nations unies.
Ce référendum est encore et toujours paralysé par le gouvernement marocain, mais il faut aussi reconnaître que la communauté internationale et que le Conseil de sécurité ainsi que les Etats influents n’ont pas exercé les pressions nécessaires sur le royaume du Maroc pour que ce dernier mette enfin un terme à la tragédie née de cette invasion. Il faut aussi se mettre à la place de ces réfugiés. Leur territoire national est en majorité occupé, le Maroc pille leurs richesses. A ce sujet, nous regrettons qu’un certain nombre de pays ainsi que l’Union européenne aient conclu des accords de pêche à travers lesquels le Maroc implique ces mêmes pays dans ce pillage. Donc d’une part, le Maroc entrave l’organisation du référendum et pille les richesses du Sahara occidental avec l’aide de quelques Etats et, d’autre part, il existe une grave crise de manque et même de rupture d’aides humanitaires pour les réfugiés.

Q- Qui est derrière cet arrêt des aides humanitaires ?
R- La politique marocaine est la première responsable, mais je pense que certains Etats exercent également quelques pressions sur des organisations internationales dépendantes de l’ONU, et sur des organisations humanitaires.

Q- Monsieur le Président, vous parlez de plusieurs Etats qui contribuent au «pillage» et à l’exploitation des richesses sahraouies, quel rôle pouvez-vous jouer pour mettre fin à cela ? et particulièrement en ce qui concerne les hydrocarbures ?
R- Au sujet des hydrocarbures et à ce jour, il n’y a pas d’exploitation pétrolière au Sahara occidental. Quelques compagnies ont conclu des accords avec le Maroc pour la prospection dans les eaux territoriales sahraouies, mais nous relevons que la plupart de ces compagnies ont résilié ces contrats. Un certain nombre d’entreprises américaines et norvégiennes notamment ont donc refusé d’être impliquées dans ce qui aurait ressemblé à une exploitation frauduleuse et de surcroît illégale des richesses sahraouies. Donc, sur ce sujet en particulier, il y a eu compatibilité parfaite avec ce que stipule le droit international. Mais ce qui nous inquiète et nous intéresse au plus haut niveau, c’est bien l’accord de pêche signé entre l’UE et le Maroc. Car ce dernier peut bien profiter de cet accord pour justifier le fait que des navires européens puissent pêcher librement dans les eaux territoriales sahraouies. C’est la raison pour laquelle nous appelons les Etats européens à ne pas appliquer cet accord, du moins en ce qui concerne les eaux territoriales du Sahara occidental, jusqu’à ce que soit trouvée une solution définitive à la question de la souveraineté de notre territoire.

Q- Mais quels sont les moyens de pression en votre possession pour empêcher ce que vous qualifiez d’exploitation?
R- La dernière décision juridique émise par le secrétariat général de l’ONU est on ne peut plus claire. Elle stipule que l’utilisation des richesses nationales sahraouies est un acte illégal jusqu’à l’autodétermination du peuple sahraoui. Cet élément est en soi un facteur de pression sur ces pays. Quelques parties ont aussi conclu des accords avec le Maroc, et se sont rétractées après avoir pris connaissance des règles stipulées par le droit international. Il est clair que l’UE a conclu ces accords avec le Maroc suite aux pressions exercées par les gouvernements espagnol et français.

Q- Monsieur le Président, la diplomatie sahraouie a enregistré dernièrement des avancées certaines avec l’adoption de trois résolutions (Assemblée générale, Conseil de sécurité et Commission de décolonisation). Que comptez-vous faire pour contrer le projet d’autonomie que compte présenter le Maroc?
R- Je vais revenir un peu en arrière. Depuis la fin des années quatre-vingt et le début des années quatre-vingt-dix, le plan de règlement était basé sur la résolution 104 adoptée par l’OUA en 1984, et il était basé aussi sur l’accord conclu entre le Maroc et le POLISARIO; et l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que l’ensemble des institutions internationales se sont mises depuis à étudier la crise sahraouie sur la base de ces accords. Depuis la disparition du défunt roi Hassan II et l’arrivée du nouveau pouvoir au Maroc, nous avons assisté à une véritable reculade et à un reniement de tous les engagements du Maroc en ce qui concerne la recherche d’une solution au Sahara occidental. C’est pourquoi, cette question a été soumise au vote de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies une première fois en 2004. Les amis de l’autodétermination, les amis de la légalité internationale et les amis de l’expression libre et démocratique ont appuyé le droit du peuple sahraoui à choisir lui-même son avenir à travers une consultation référendaire libre et démocratique. Le gouvernement marocain s’est opposé à cette décision, tandis que cinquante Etats l’ont approuvée. Deux ans plus tard, c’est-à-dire en 2006, le nombre des Etats ayant voté en faveur de ce même texte est passé de 50 à 70. Aucun Etat, je dis bien aucun Etat n’a voté contre. Nous pensons qu’il y aura plus de pressions sur le gouvernement marocain, au niveau de l’Assemblée générale ou du Conseil de Sécurité, ou même au sein des Etats. Le cas de l’Afrique du Sud est un exemple en soi. Pretoria a reconnu la RASD (République arabe sahraouie démocratique) surtout du fait que le Maroc ne voulait pas appliquer le référendum d’autodétermination. Nous nous attendons aussi à ce que la communauté internationale exerce des pressions sur le Maroc pour qu’il mette fin à ses agissements contre les droits de l’Homme dans la partie occupée du Sahara occidental et devant son refus d’autoriser des délégations étrangères de visiter ces territoires.

Q- Face aux succès incontestables de la diplomatie sahraouie, ne pensez-vous pas, Monsieur le Président, que le fait que certains Etats aient retiré leur reconnaissance de la RASD puisse affaiblir votre position? Est-ce un échec pour vous?
R - Certains Etats ont suspendu leur reconnaissance de la République sahraouie, mais je pense que c’est très relatif face aux autres pays qui ont choisi, eux, de reconnaître l’existence de la République arabe sahraouie démocratique. Ce que je peux vous assurer, c’est que le Royaume du Maroc doit comprendre et déduire comme il l’a fait durant le règne du roi Hassan II, que c’est une affaire de décolonisation, et qu’elle ne sera réglée qu’en respectant le peuple sahraoui et son droit inaliénable à l’autodétermination. Le fait qu’un Etat retire sa reconnaissance, ou que des militants et des citoyens sahraouis soient arrêtés, ou les liquidations physiques de certaines personnes ne pourront pas nous ébranler. La résistance sahraouie se poursuivra sur tous les fronts diplomatique et populaire.

Q- La bataille diplomatique est rude?
R- Bien sûr qu’elle est rude. L’indépendance d’un peuple colonisé n’est pas facile à arracher. Il faut qu’il y ait des sacrifices humains et financiers.

Q- Et selon vous, Monsieur le Président, cette bataille tourne-t-elle au profit du Maroc ou au vôtre?
R- Nous disons que, puisque les Nations unies considèrent notre combat comme une affaire de décolonisation et qu’elles reconnaissent le doit de notre peuple à tracer son chemin et à choisir son avenir, et que jusqu’à cet instant aucun Etat au monde ne reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental…

Q- Même le Koweït ?
R- Même le Koweït.

Q- Le 13 décembre dernier, lors de sa dernière visite au Maroc, cheikh Sabah Al-Ahmad Al Jaber Al Sabah a bien déclaré que son pays reconnaissait la souveraineté du Maroc sur tout le territoire sahraoui…
R - Lors du dernier vote à l’Assemblée générale, le Koweït s’est abstenu.

Q- Mais il n’a pas voté pour…
R- Oui, mais ne pas voter pour le texte ne signifie pas voter pour le Maroc.

Q- Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, le fait que 91 Etats se soient abstenus lors de ce vote à l’Assemblée générale de l’ONU ?
R- Je le répète, ce vote a été un succès du moment que le Maroc n’a trouvé aucun Etat pour voter contre cette résolution. Aucun Etat n’a voté contre. Et le Maroc utilise cette appréciation particulière du vote pour tromper le citoyen marocain. Ses dirigeants mentent ouvertement à leur peuple. Ils lui disent que les pays abstentionnistes soutiennent le Maroc, ce qui est absolument faux. Ils mentent à leur peuple depuis 1975. Notre rôle est de dévoiler la vérité. Il ne faut pas oublier non plus que tous les Etats abstentionnistes ont justifié leurs abstentions. Je voudrais, si vous me le permettez, vous ramener un peu en arrière et vous faire une comparaison entre ce qui s’est déroulé en 2004 et ce qui s’est déroulé en 2006. En 2004, 50 Etats ont voté en faveur de ce texte, tous les Etats membres de l’UE s’étaient alors abstenus. En 2006, le texte a été adopté par 70 Etats, et parmi eux beaucoup de pays européens. A cette occasion, il faut bien dire que les gouvernements français et espagnol ont été mis à nu. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Suède et bien d’autres ont approuvé cette résolution de l’Assemblée générale.

Q - Monsieur le Président, Kofi Annan n’a pu imposer la décolonisation du Sahara occidental, quelles sont, selon vous, les chances de son successeur Ban Ki-moon?
R - Le roi du Maroc Mohammed VI a malheureusement commis beaucoup d’erreurs en ce qui concerne sa gestion de l’affaire du Sahara occidental. Et il a raté beaucoup d’occasions importantes pour lui et pour toute la région. Des occasions précieuses comme ce qui lui a été légué par son père Hassan II, que Dieu ait son âme, tel l’engagement marocain à respecter le plan de règlement de 1991 qui stipulait l’organisation d’un référendum d’autodétermination libre et démocratique. Il n’a pas tenu l’engagement de respecter l’aboutissement des négociations entre le Maroc, le POLISARIO et l’ONU à Houston. La communauté internationale aussi était optimiste quant à un règlement rapide de la question sahraouie. Elle avait, depuis, décidé d’accompagner les deux parties pour aboutir à un règlement définitif.

Q- L’autre occasion ratée a aussi été celle qu’offrait le plan Baker de juillet 2003.
R - Avec toutes ces occasions ratées, le nouveau roi doit assumer une responsabilité dangereuse qui consiste à compliquer les relations entre le Maroc et le peuple sahraoui. Et il rate aussi une occasion précieuse d’édifier le Maghreb et d’en faire profiter son propre pays. Il se contente aujourd’hui d’exhiber une marchandise périmée que personne ne veut acheter, ni les Sahraouis ni la communauté internationale. Cette marchandise périmée qu’est l’autonomie interne, les Sahraouis ne l’ont pas achetée par le passé, ils ne l’achèteront pas aujourd’hui, et ils ne l’achèteront sans doute pas demain.

Q- Que peut faire, d’après vous, le nouveau secrétaire général des Nations unies ?
R - M. Ban Ki-moon trouvera sans doute beaucoup de dossiers sur son bureau, l’un d’entre eux sera évidemment celui du Sahara occidental. Une affaire, dirais-je, simple et claire par rapport à beaucoup d’autres. C’est une affaire de décolonisation que seules les urnes pourront régler. Et les Nations unies se sont beaucoup investies pour aboutir à cette opération référendaire. Elles sont présentes depuis 1991 et fournissent des efforts exceptionnels pour régler la situation dans la région.

Q- Monsieur le Président, vous avez à maintes fois évoquée une possible reprise des armes pour vous faire entendre si la situation restait bloquée sur le terrain. Maintenez-vous cette menace? Et l’Algérie appuiera-t-elle, selon vous, une telle éventualité de reprise du conflit armé?
R- Nous avons la légitimité de la lutte. Et les Nations unies approuvent la lutte des peuples pour leur liberté du moment que cette lutte est légitime et vise à aboutir à l’autodétermination. Mais la lutte armée n’est pas un but en soi. Le but est l’autodétermination du peuple sahraoui. La lutte armée est un droit garanti. Nous espérons que personne ne nous contraindra à revenir à la lutte armée. Mais en l’absence de la disponibilité du Maroc et du manque de pressions internationales, nous préserverons notre droit inaliénable à reprendre les armes. En ce qui concerne l’Algérie, je pense qu’elle est attachée à la légalité internationale et au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Il est de la responsabilité de l’Algérie et de la responsabilité de tous les Etats du monde à nous soutenir pour que nous parvenions à notre objectif.

Q- Monsieur le Président, lors de la dernière visite de José Luis Zapatero à Alger, Abdelaziz Bouteflika lui a rappelé la responsabilité de l’Espagne dans la question sahraouie. En dépit de cela, le Maroc continue d’impliquer l’Algérie et de lui faire porter la responsabilité du blocage de l’UMA. Qu’en pensez-vous?
R - Le royaume du Maroc utilise cet argument depuis 1975. C’est une façon pour lui d’éclipser la crise qu’entretient ce pays avec son peuple. Il y a aujourd’hui une véritable lutte entre les citoyens sahraouis et les autorités coloniales marocaines. Ils sortent désarmés en n’emportant avec eux que des drapeaux sahraouis pour faire entendre leurs voix. Comment peut-on après tout cela faire dire que l’Algérie est une partie de ce conflit? Est-ce l’Algérie qui est partie prenante des manifestations qui sont organisées à Dakhla, à Laayoune ou à Smarra? Est-ce que ce sont les forces algériennes qui séparent les forces de l’ONU et les forces armées marocaines? Par ces accusations, ils visent l’opinion publique intérieure. L’histoire qui consiste à impliquer l’Algérie est une histoire purement marocaine, qui n’a plus aucun sens aujourd’hui. Nous avons été en lutte contre l’Espagne, et ce pays ne reconnaît pas cette thèse de l’implication algérienne. Nous avons été en guerre contre la Mauritanie, nous avons depuis conclu la paix avec elle, elle nous a remis les territoires qu’elle annexait et elle reconnaît la RASD. L’Algérie est notre voisin, et le voisin du Maroc, et elle a assumé pleinement sa responsabilité dans la défense de la légalité et du droit international.

13.1.07

'Nuestro' Sáhara y el de 'los otros'

TRIBUNA LIBRE de ALI LMRABET
EL MUNDO. 13/01/2007

Existe una falsa creencia según la cual los saharauis están divididos en dos bandos irreconciliables: entre pro y anti marroquíes. Este credo, fruto del desconocimiento de la realidad sociopolítica del Sáhara Occidental, pero también de un cierto reclamo político por parte de un grupo de saharauis en busca de protagonismo, ha sido recientemente recogido por el catedrático de la Universidad Autónoma de Madrid, Bernabé López García, en un artículo de prensa titulado: «Nuestros saharauis y los otros».

La idea defendida por López García, que es bastante cercana a una tesis de moda en Marruecos, asegura que la sociedad española ha apoyado incondicionalmente durante décadas a los refugiados saharauis de los campamentos de Tinduf, ignorando al grueso de la población saharaui que sigue residiendo en la antigua colonia española y que no es propensa a lanzarse en aventuras independentistas. Para decirlo claramente, como subraya el catedrático, ¿por qué continuar haciendo del polisario el «único y legítimo representante» de los saharauis cuando existen otras voces?

Es difícil replicar sin vacilaciones a Bernabé López García, que fue nuestro mentor en temas relacionados con el Sáhara cuando, a finales de los años 90, un grupo de jóvenes periodistas marroquíes intentábamos abordar sin prejuicios ni tabúes este sensible conflicto. Pero hay que hacerlo, en nombre del libre debate democrático; y, desgraciadamente, no desde Marruecos, donde es casi imposible evocar el tema sin tener que envolverse en la bandera nacional, sino desde una publicación española.

Hay que decir, en primer lugar, que nuestro eminente y estimado catedrático tiene toda la razón cuando asegura que no todos los saharauis consideran al Frente Polisario como su legítimo apoderado. El tribalismo (una palabra proscrita por decreto en el mundo polisario) y el recelo de una parte de la población saharaui hacia la tribu de los Erguibat que controla los principales puestos de mando del movimiento independentista, tienen algo que ver. Pero la reflexión de Bernabé López no va más allá de una mera constatación, y no explicita su tesis. Hubiera sido interesante, por ejemplo, que el estudioso madrileño nos dijera quiénes son esos otros representantes legítimos de los saharauis y dónde reside, justamente, su representatividad.

Hubiera sido, además, instructivo saber un poco más sobre esa mítica masa saharaui pro marroquí que, según Rabat, está convencida de que el conflicto es superficial y de que es obra de unos cuantos mercenarios pagados por Argelia. No hace falta añadir que, si todo esto fuera cierto, los amigos y turiferarios de Marruecos (que los hay también en España) deberían animar a las autoridades de mi país a organizar rápidamente, bajo la supervisión de la ONU, un referéndum de autodeterminación para que nuestros saharauis puedan proclamar al mundo que nos quieren, que hacen suya nuestra bandera, y que están orgullosos de nuestro glorioso Ejército y temerosos de la perdida del más mínimo grano de arena de nuestro querido desierto.

Pero los marroquíes que queremos a nuestro país desde una pasión diferente al nacionalismo patriotero fomentado por el Ministerio de Interior sabemos que la realidad no se encuentra en los informativos de televisión, ni en las falacias publicadas por nuestra prensa desde hace más de 30 años. Si pasamos por alto a una cierta clase dirigente saharaui que se puede tachar de giratoria, ya que se acomodaría con cualquier poder, y si hacemos poco caso de los antiguos polisarios recuperados por Marruecos, y que se han convertido oportuna y ruidosamente en azote de sus ex compañeros de lucha, hay que ser ciego para no darse cuenta de que si no todos los saharauis son forzosamente pro Polisario, lo que es evidente es que son antimarroquíes e independentistas.

Y aunque seguramente no tienen una idea clara de lo quieren, ven su futuro sin Marruecos, ya que 30 años de represión y de negación de la existencia de un pueblo y de una cultura saharauis han producido exactamente lo contrario. Hoy, cuando se visita el Sáhara, nos topamos con dos tipos de habitantes. El primero ha conocido la colonización española y se acomoda prudentemente con la presencia marroquí, por oportunismo político o económico. Y el segundo es el joven rebelde, nacido en el seno de la madre patria marroquí, y cuya identidad nacionalista se ha forjado en las salas de tortura de las comisarías. Si la edad y la mentalidad separa a estos dos tipos de saharauis, su antimarroquismo y su obstinada convicción en tener un futuro sin nosotros -aunque no sea bajo la bota del Polisario-, los une irremediablemente. Y a nada sirve creer que haciendo actos de contrición o jurando que el plan de autonomía traerá en sus maletas jugosos regalos va a cambiar algo en esas mentalidades. En el desierto, tanto los rencores como los reconocimientos son valores seguros.

Durante un reciente periplo por el Sáhara, fui accidentalmente presentado a un grupo de saharauis supuestamente pro marroquíes. Un próspero y viejo jeque de tribu -que esa misma mañana berreaba con ferocidad en la pista de aterrizaje del aeropuerto de El Aaiún los obligados Aacha el malik (¡Viva el rey!) y se impacientaba por besar la mano del soberano en visita oficial en la zona-, me bombardeó durante una hora con un discurso independentista no muy diferente al del Polisario, y al límite de la xenofobia. Su vecino, un ex oficial saharaui del Ejército marroquí, animaba a su hijo, independentista, a perseverar en «sus acciones», porque eso permitía a la familia beneficiarse por parte del Estado de un bienestar desconocido en Marruecos por su fingido apego a las tesis unionistas.

«Lo que se dice fuera, no es lo que se piensa dentro», dejó caer con una sonrisa el hijo del militar. Esta escena, desconocida e incongruente para el marroquí medio, es la evidencia de que tanto Hasán II como Mohamed VI han fracasado en su política de marroquinización de las mentes y corazones saharauis, bastón para los enardecidos y generosas prebendas para los supuestos convencidos. Si no podemos contar con los que se benefician de nuestra presencia en el Sáhara y se nutren de nuestros obligados sacrificios, ¿qué hay que esperar del resto de la población?

Y por una vez, las autoridades marroquíes conocen esta realidad. Por eso se aferran a su negativa de no permitir un referéndum de autodeterminación que les daría un mortal sobresalto; y no tienen la intención de confiar la llave del conflicto a los saharauis, aunque sean los nuestros. Prueba de ello es cómo se elaboró el plan de autonomía que Marruecos va a presentar próximamente a Naciones Unidas. Oficialmente, fueron todos los miembros del CORCAS (Consejo Real Consultivo para los Asuntos del Sahara) los que pensaron y confeccionaron el texto. Oficiosamente, sólo un reducido grupo comandado por el presidente del CORCAS, Jali Henna Uld Rachid, y custodiado por un grupo de expertos españoles y franceses (para que no vayan lejos), elaboró un texto que fue varias veces rechazado por el Ministerio del Interior.

Esto debería hacernos reflexionar sobre nuestra presencia en el Sáhara y sobre lo que tendríamos que ofrecer a los saharauis para que soporten vivir -si España y la comunidad internacional los abandona- bajo nuestra sombrilla. Si estuviéramos realmente en un país en transición democrática, como cantan los Chirac, Zapatero y Bush (por una vez de acuerdo), deberíamos abrir un debate nacional sobre el conflicto, permitiendo a quien quiera expresar sus ideas exponer sus propuestas y, ¿por qué no?, su malestar.

Seguramente nos enfadaríamos unos con otros, pero algo saldría de ese arduo e inédito debate. Por ejemplo, proponerles una autonomía a la española dentro de un país regido por una democracia no adulterada, o, si los saharauis no están convencidos de nuestras intenciones, permitirles que acudan al inevitable referéndum.

Pero vivimos en un país donde la Monarquía se ha apropiado de la gestión del conflicto, lo ha amarrado a su trono y ha amenazado a la nación de un homérico diluvio si por desgracia se perdiera el Sáhara. Un país donde el régimen impone el silencio a los disidentes, enjuicia a los malos pensadores, considerados «traidores» a la patria y al consenso nacional, e instaura como verdad absoluta el pensamiento único en todo lo referente a la integridad territorial.

Hoy en día, nadie en Marruecos puede atreverse, no a cuestionar que es mucho, sino a reflexionar sin restricciones sobre un conflicto que ha empobrecido económicamente a los marroquíes, frenado su desarrollo y desactivado para mucho tiempo los partidos políticos, convertidos en altavoces y portavoces del régimen, en guardianes del dogma oficial. El progresista marroquí que entiende y apoya la legítima reivindicación de los palestinos para tener un Estado se convierte en un intolerante incapaz de abrir un debate argumentado con un independentista sobre esta cuestión. Como si los principios y los preceptos universales que nos sirven para defender causas ajenas no tuvieran la misma validez moral cuando se trata de aplicarlos en nuestra propia casa.
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Respuesta al articulo de Bernabé Lopez por Hamdi Sidahmed Ahmed en Opinion/ARSO y otr@s anteriores.

12.1.07

Dakar

Le Rallye Dakar passe par un pays occupé.

ABC Startsiden/Neste klikk, Norway
11.01.2007
Texte : Anne Thorhild Nilsen et Radmund Steinsvag.

Aujourd'hui le Cirque du Dakar passe à plein gaz par le Sahara Occidental, état du désert occupé. La situation grave des droits de l'homme dans la région n'est pas un sujet, ni pour les organisateurs, ni pour les sportifs, ni pour les journalistes visiteurs.

L'étape du jour va de Tan Tan au Maroc, passe par le Sahara Occidental et finit en Mauritanie. Une grande meute de journalistes suit de près ce cirque gigantesque. Le nombre des journalistes présent dans la région aujourdhui est beaucoup plus grand que le nombre de ceux qui viennent au cours de plusieurs années pour couvrir le conflit politique. Néanmoins, le Sahara Occidental est un sujet non-existant quand on parle de l'étape du jour, pour les journalistes et pour les organisateurs. A part le fait que le pays est indiqué sur la carte qui montre l'itinéraire, le Sahara Occidental n'est pas mentionné par un seul mot sur le site officiel du rallye.

Le président du Comité Norvègien de Soutien au Sahara Occidental ( Støttekomiteen for Vest-Sahara), Ronny Hansen, pense que c'est parce que les organisateurs veulent éviter de faire du bruit.

Quand ils ne mentionnent pas le Sahara Occidental comme un pays particulier, ils évitent de provoquer le Maroc qui considère le pays comme le sien. Quand ils ne mentionnent pas le Sahara Occidental en parlant du Maroc, ils ne provoquent pas le mouvement de la libération du Sahara Occidental, le Front Polisario. Les organisateurs essaient d'éviter des propos et des mentions qui provoqueraient des protestations. Ils ont vu avant que, aussi bien le Polisario que la force d'occupation, le Maroc, réagissent fortement à la façon dont on définit et parle du pays, dit Hansen.

Une situation plus difficile.

(Photo: La situation au Sahara occidental est très tendue depuis plusieurs années. Ici d'une manifestation contre les autorités marocaines au Sahara Occidental. Photo: Anne Torhild Nilsen et Radmund Steinsvag)

La situation des droits de l'homme au Sahara Occidental s'aggrave de nouveau cette dernière année. Ceux qui demandent ouvertement l'indépendance, sont de plus ménacés pour qu'ils se taisent. Des activistes des droits de l'homme locaux racontent qu'il y a des agents de police et des militaires à chaque coin de rue et que des gens sont battus chaque jour. Mais la torture, le harcèlement et les emprisonnements illégaux ne suffisent pas pour faire agir les pays occidentaux. Ceci mène à un désespoir et un découragement grandissants dans la population. Des jeunent qui jusqu'à maintenant ont manifesté contre l'occupation, s'enfuyent aux îles Canaries.

La plus grande part de la population habite toujours dans les camps de réfugiés en Algérie. Ceux qui restent, vivent en tant que minorité dans leur propre pays. Aucun pays, aucune institution ne désire imposer par la force la libération de la dernière colonie de l'Afrique.

Évite la panique.
La région par laquelle passent Pal Anders Ullevalseter et les autres participants du rallye aujourd'hui, est contestée depuis plus de 30 ans. Ullevalseter a indiqué le Sahara occidental comme un des pays par lesquels passe le rallye sur son site, mais il ne veut s'exprimer à aucun niveau sur le conflit ou les violations des droits de l'homme dans la région, selon sa responsable de presse Solveig Vage Ullevalseter,

- Nous avons indiqué le Sahara Occidental comme un des pays par lesquels Pal Anders passe parce que nous voulons montrer l'itinéraire du rallye. Nous soutenons la politique du ministère [norvégien] de l'extérieur, c'est la seule chose que nous voulons dire en ce qui concerne le conflit. Pål Anders est un sportif, pas un homme politique, dit Ullevalseter.

Ronny Hansen du Comité de Soutien comprend que le sportif ne veut rien dire. Il est plus déçu qu'aussi peu de journalistes s'intéressent et s'attaquent au conflit politique. Mais Hansen demande aux participants ainsi qu'aux organisateurs de prendre en considération qu'une des étapes est située dans un pays occupé.

Un peuple chassé
Les organisateurs et les participant doivent être conscients du fait qu'ils passent par un pays qui est sous occupation militaire et dont la plupart de la population est éxilée dans des camps de réfugiés dans le désert algérien. La direction du Rallye Dakar doit chaque année s'assurer que le Polisario accepte que la course passe par leur pays et que cela se passe d'une façon qui ne donne pas de légitimité à l'occupation. Après tout, le rallye se passe en collaboration avec les forces militaires de l'occupant. Les organisateurs n'en ont pas été assez concients les années précédentes, mais ceci s'est amélioré. Il pense aussi que les organisateurs doivent traiter le Sahara Occidental comme les autres pays et payer au Polisario une taxe équivalente à celle qu'ils paient aux autres pays où passe le rallye.

Une telle contribution serait une aide importante aux réfugiés qui habitent depuis plus de 30 ans dans des camps de tentes en Algérie et qui ont besoin de tout, dit Hansen. Personne de la direction du Rally Paris-Dakar n'a répondu ces derniers trois jours quand on leur a demandé de s'exprimer sur le conflit du Sahara Occidental.

Traductions par le Comité Norvègien de Soutien au Sahara Occidental/ Sahara Update
Original en Norvégien: "Rally Dakar gjennom okkupert land"
Version en anglais: " Rally Dakar passes through an occupied country"

14.12.06

Declaration

Sidi Mohamed DADACH El-Ayoune, on 13 December 2006


To commemorate the 58th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights, which falls every year on the 10th of December, the ASVDH called to a sit-in on 10 December 2006, Dcheira Square, opposite the Hotel Negjir, in the city of El-Ayoune.
However, we were surprised by the violent intervention, by the Moroccan security forces, which targeted activists and human rights defenders, when they approached the place of the sit-in. The demonstrators have been attacked by a large number of Moroccan security elements, armed with sticks and targeted especially and directly the activists.
This intervention has resulted in the injury of Hamad HAMMAD, a member of the Sahrawi Committee for self-determination in Western Sahara, who is still bedridden, and Brahim DAHANE, President of the ASVDH, and Elghalia DJIMI, Vice-President of the ASVDH, and Mohamed Saleh DAILAL, a member of the Sahrawi Committe for self-determination.
The attack was on a large number of Sahrawi citizens, among them: Mohamed Abdel Salam Tallemedi and the former political prisoner Brahim LABRAS.
The Moroccan repressive forces had attacked me too; beatings and insulting me. They also detained inside a police car for several minutes before being released.

Déclaration

Sidi Mohamed DADACH EL-Ayounee, le 13 décembre 2006


Pour commémorer le 58è anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, qui coïncide chaque année, avec 10 décembre, l'ASVDH a appelé à un sit-in, le 10 décembre 2006, à la place Dcheira, en face de l'hôtel Negjir, à EL-Ayoune.
Cependant, nous avons été surpris par l'intervention violente, des forces marocaines de sécurité, qui ont visé des activistes et des défenseurs de droits de l'homme, quand ils se sont approchés de l'endroit du sit-in.
Les manifestants ont été attaqués par un grand nombre d'éléments de sécurité marocaine, armés avec des bâtons, et ils ont particulièrement et directement visés les activistes. Cette intervention a résulté en la blessure de Hamad HAMMAD, un membre du Comité Sahraoui pour l'autodétermination au Sahara occidental, qui est encore au lit, et Brahim DAHANE, président de l'ASVDH, et Elghalia DJIMI, vice-président de l'ASVDH, et Mohamed Saleh DAILAL, un membre du comité de Sahraoui pour l'autodétermination.
L'attaque était aussi sur un grand nombre de citoyens de Sahraoui, parmi eux : Mohamed Abdel Salam Tallemedi et l'ancien détenu politique, Brahim LABRAS.
Les forces répressives marocaines m'avaient attaqué aussi ; m’ont battu et insulté. Ils m’ont également détenu à l'intérieur d'une voiture de police pendant plusieurs minutes avant de me libérer.

11.12.06

Portrait

Haminatou Haidar, l'activiste du désert

Jean-Pierre Tuquoi,
LE MONDE | 12.12.06 |

Les Marocains ont raison de se méfier de cette femme aux allures de madone, silhouette fugitive perdue dans un grand châle multicolore qui la couvre de la tête aux pieds. Elle évoque la souplesse et la légèreté d'une fille du désert, mais quelques phrases bien senties suffisent à dissiper l'illusion. Haminatou Haidar est une militante, de celles qui ont mis leur vie au service d'une cause sacrée. La sienne s'appelle le Sahara occidental, un territoire désertique grand comme la Grande-Bretagne, disputé depuis plus de trente ans entre les indépendantistes du Front Polisario et le Maroc qui l'a annexé et, depuis le départ du colonisateur espagnol, en exploite les richesses - des eaux parmi les plus poissonneuses du monde, des phosphate

Vu d'Europe, le devenir du Sahara occidental est une affaire sans importance. Pour la monarchie marocaine, en revanche, c'est depuis trente ans le dossier numéro un, celui qui conditionne le devenir du trône. Trop d'argent a été investi dans "les provinces du Sud", comme on les appelle à Rabat ; trop de militaires stationnent dans les sables du désert pour imaginer que le Sahara occidental puisse sans drame devenir indépendant.

Haminatou Haidar est la pasionaria des Sahraouis, la plus flamboyante de leurs icônes. Qu'il s'agisse d'aller prêcher la bonne parole à Washington, de partir à la rencontre d'associations amies à Madrid ou au fin fond de la banlieue parisienne, d'aller plaider la cause d'un référendum d'autodétermination devant une commission des Nations unies, c'est sur ses épaules à elle, frêle mais intransigeante femme de 39 ans au franc-parler, que la tâche incombe. Ainsi, elle vient d'achever une tournée de plusieurs mois qui l'a conduite d'Afrique du Sud aux Etats-Unis en passant par l'Europe.

Son engagement remonte aux années Hassan II lorsque, jeune militante indépendantiste, elle a connu la prison. "J'avais 20 ans. J'ai été kidnappée à mon domicile et torturée pendant trois semaines. Allongée sur une table, la tête en arrière, pieds et poings liés, on mettait sur ma bouche, mes yeux, mon nez un bâillon imbibé d'un liquide au goût d'eau de Javel, raconte-t-elle. J'ai reçu des coups de pied, j'ai été battue avec un câble électrique, giflée, agressée par des chiens policiers. Ensuite, mes ravisseurs m'ont envoyée dans un ancien dépôt d'armes espagnol reconverti en centre de détention secret. J'ai passé des mois dans un couloir, assise sur un banc, muette, les yeux bandés 24 heures sur 24, un gardien à mes côtés avant d'aller m'entasser avec d'autres femmes sahraouies dans une cellule minuscule. C'était épouvantable." De ce séjour "en enfer" elle a gardé des séquelles que n'ont pas complètement effacées des interventions chirurgicales en Espagne. Quant à ses yeux, restés trop longtemps plongés dans l'obscurité, ils ne supportent plus les lumières crues.

L'épreuve l'a endurcie. Libérée au bout de trois années et sept mois de détention sans être jamais passée devant un quelconque tribunal ni avoir reçu la visite d'un avocat, la jeune femme, que sa famille croyait morte, est devenue une adversaire irrécupérable pour "l'occupant marocain".

Les études, la carrière professionnelle, la vie familiale - elle est la mère de deux enfants -, Haminatou Haidar a choisi de tout sacrifier à la cause sahraouie jusqu'à risquer sa vie en 2005 lorsque, à nouveau incarcérée et condamnée pour "incitation à la violence" et "appartenance à une bande criminelle", elle a entamé une grève de la faim pour arracher une amélioration des conditions de détention. Elle n'a rien gagné, sinon des problèmes de santé supplémentaires qui la tourmentent encore.

Désormais libre, elle poursuit sa mission, imperméable aux conseils de prudence de la frange familiale rangée du côté marocain - l'autre est résolument pro-Polisario. Dans la famille, il y a ceux qui sont restés à El-Ayoun, la "capitale" administrative du Sahara occidental, et ceux qui, fuyant les Marocains, ont trouvé refuge dans des camps de fortune, de l'autre côté de la frontière, dans la région de Tindouf, en Algérie.

La récupération - non sans mal - d'un passeport marocain grâce auquel elle peut voyager ne contribue pas à nuancer son jugement sur le roi Mohammed VI. "Il y a eu une ouverture au début du règne. C'était de l'habillage", tranche-t-elle, au risque de passer pour dogmatique. "Haminatou fait partie de ces anciens prisonniers incapables de dépasser cette terrible expérience. Elle se venge de ce qu'elle a subi dans le passé au risque d'insulter l'avenir", juge Larhdaf Eddah, un Sahraoui qui dirige la télévision locale d'El-Ayoun.

De ces critiques, elle n'a cure. Ce qui l'intéresse, c'est de faire avancer la cause des Sahraouis. Tout au long du périple qu'elle vient de boucler, elle a vu des ministres et des militants de base, des hommes de pouvoir et des sympathisants anonymes. Sa fierté ? Etre repartie de Washington avec en poche la copie d'une lettre adressée par des membres du Congrès à la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice pour qu'elle pousse le Maroc à respecter les droits de l'homme au Sahara occidental. "Mission remplie. J'ai fait avancer la cause du Sahara occidental", résumait Haminatou Haidar lors de son étape parisienne.

C'est à Paris qu'elle a obtenu le moins de succès. Les partis de droite n'ont pas donné suite à ses offres de rencontre. Quant au Quai d'Orsay... " Le ministère des affaires étrangères a refusé de rencontrer Haminatou, explique Annie Delay, d'Amnesty International France. C'est une première. Jusqu'à présent, ils avaient toujours accueilli nos invités."

Venant d'une diplomatie française qui n'a jamais marchandé son appui à Rabat, la fin de non-recevoir ne surprend pas. Vue de Paris, Haminatou Haidar est une activiste sahraouie déguisée en militante des droits de l'homme. Le fait est qu'elle a tenu sur les bords de Seine des propos au vitriol. Il était question des "autorités coloniales marocaines" et de la "complicité de la France", qui n'en finit pas de "soutenir aveuglément le gouvernement marocain". "Je ne suis pas membre du Front Polisario, se défend Haminatou Haidar, simplement une femme engagée."

Jean-Pierre Tuquoi
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Parcours
1967
Naissance à Centre Akka, une ville du sud du Maroc.

1976
Décès de son père dans un accident de la route.

1987
Kidnappée à son domicile par la sûreté marocaine.

1991
Libérée après trois ans et sept mois de détention, sans jugement.

2005
Nouvelle arrestation à la suite d'une manifestation à El-Ayoun.

2006
Reçoit à Madrid le prix Juan Maria Bandres des droits de l'homme.

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10.12.06

Sit-in / Repression

Newsletter from
The Sahrawi Association of Victims of Grave Human Rights Violations Committed by the Moroccan State

El-Ayoune-Western -Sahara
Sunday December 10, 2006

Repression of the sit-in in El-Ayoune

On the casion of the world day of the human rights, December 10, celebrated everywhere in the world, the ASVDH, organized a sit-in in commemoration of this day. But the Moroccan repressive forces, which persist in closing the territory of the Western Sahara, isolating it from the rest of the world and denying to the Sahrawi population their rights, have violently repressed this sit-in and have used excessive force against the demonstrators.
This violent and savage intervention resulted in several victims. Among these victims are:
  • Brahim DAHANE: president of the ASVDH
  • Elghalia DJIMI: Vice president
  • Hmad HAMMAD: defender of the human rights and political ex-prisoner
  • Mohamed Saleh DAILLAL: member of the ASVDH
We point out that the ASVDH, had informed Moroccan authorities about this sit-in, in accordance with the Moroccan law. But, these authorities, were present on the place in advance, awaited the demonstrators and they have attacked specifically the members of the office of the ASVDH, Brahim DAHANE and Elghalia DJIMI, as well as Hmad HAMMAD.
This savage act, falls under a repressive policy, applied in the territory, by the Moroccan authorities which refuse to recognize the ASVDH, in spite of the decision of the administrative court which approved the legitimacy of the constitution of this Sahrawi.
Therefore, the intervention of today, against the sit-in commemorating the world day of the human rights, is not only a violation of the universal declaration of the human rights, but also a violation the Moroccan law.

5.12.06

Chirac instó a Mohamed VI a actuar juntos para frenar a España en Marruecos
Una nota del espionaje francés revela consejos del presidente al rey marroquí en 2002
IGNACIO CEMBRERO - Madrid - EL PAIS, 30/11/2006

Veinticuatro horas después de que los españoles desalojasen a los infantes de marina marroquíes instalados en el islote de Perejil el 17 de julio de 2002, el rey Mohamed VI envió a París a su hermana, Lalla Mariam, con un mensaje urgente para Jacques Chirac. La respuesta que recibió del presidente francés fue: "Es ahora o nunca cuando hay que actuar para oponerse a la penetración española en Marruecos", y le prodigó varios consejos en este sentido. "A continuación se puso en marcha una estrategia para alcanzar este objetivo", según reflejó el espionaje francés en una nota.

La fuente de esta información es Taieb Fassi-Fihri, número dos de la diplomacia de Marruecos, pero, en realidad, auténtico responsable de su política exterior.

Sus reflexiones íntimas sobre las relaciones con España, y las de otros dos altos cargos marroquíes -Ahmed el Harchi, entonces jefe de la inteligencia exterior, y Noureddin Benbrahim, número dos de la policía secreta- figuran en una nota de cuatro folios elaborada en octubre de 2002 por la antena en Rabat de la Dirección General de la Seguridad Exterior (DGSE), el principal servicio secreto francés. En el análisis también se recoge la opinión de un periodista español acreditado en Rabat.

Éste y otros documentos de la inteligencia francesa sobre Marruecos serán desvelados en un libro Quand le Maroc sera islamiste (Cuando Marruecos sea islamista, editorial La Découverte), escrito por los periodistas Catherine Graciet y Nicolas Beau, que se presentará el 7 de diciembre.

Lalla Mariam, que es íntima de la familia Chirac, regresó de París con los consejos presidenciales y Mohamed VI se puso manos a la obra. Da, señala el servicio secreto francés, "consignas firmes para excluir a las empresas españolas de los principales mercados y de las licitaciones, y sustituirlas por francesas y norteamericanas e iniciar también una guerra diplomática y mediática" contra España.

La primera en pagar el pato fue la eléctrica Unión Fenosa, "descartada, en el último momento, de la licitación para la gestión del agua, la electricidad y el saneamiento de Tánger-Tetuán, otorgada al grupo Vivendi", con sede en París.

La réplica real a la afrenta española en Perejil fue también económica, según explica Fassi-Fihri. Por eso "anuncia la creación de un gran conjunto portuario, comercial e industrial", en torno al nuevo puerto de Tánger Med, pegado a Ceuta. "Es, en cierta medida, la sentencia de condena a muerte, comercial y social, de los enclaves españoles de Ceuta y Melilla", asegura.

Acaso impresionado por la exhibición en el Estrecho de los aviones F-18 españoles y de los helicópteros HU-10, el monarca quiere rearmarse. El general Harchi cuenta a los topos del espionaje francés que el Rey ha enviado a su hermano, Mulay Rachid, a los Emiratos Árabes Unidos para pedir al jeque Zayed Ben Sultan ayuda. "Este le financiará la compra de 12 aviones Mirage".

Paralelamente, el Rey manda al jefe de Estado Mayor del Ejército del Aire, el general Mohamed Ben Ali, formado en EE UU, a Washington, para estudiar en el Pentágono la adquisición de armamento. El secretario de Defensa, Donald Rumsfeld, que aprecia el atlantismo de José María Aznar, "le orienta hacia Rusia para su compra porque España es aliado en la OTAN", señala la DGSE. El soberano viaja a Moscú en octubre de 2002.

Ruptura del acuerdo

El documento rezuma la preocupación francesa ante el auge de la influencia española en Marruecos: "Los franceses consideran que España ha roto un acuerdo tácito que existía con Francia y que estipulaba que, a cambio de dejarle conquistar Latinoamérica, Francia se reforzaría sin competencia en África del Norte". Fassi Fihri confirma que "las ambiciones de España (...) han dado al traste con este acuerdo".

El número dos de la policía secreta marroquí hace, por último, a los franceses una descripción terrorífica de la actividad del CNI, entonces a las órdenes de Jorge Dezcallar, "que juega la carta de los barones de la droga del Rif, tradicionalmente anti-monárquicos, para crear un clima de desestabilización y dañar la imagen de Marruecos". Peor aún: "Empuja a los bereberes a presionar al rey y estos amenazan con rebelarse si no cede a sus reivindicaciones".

Dezcallar desmintió ayer, tajantemente, estas acusaciones aunque sí reconoció que el 9 de octubre de 2002 viajó en secreto a Rabat -la nota francesa lo subraya- para explicar que Aznar no iba a crear un eje con Argelia -el presidente Buteflika estaba a punto de viajar a Madrid- para perjudicar a Marruecos.

Benbrahim lamenta finalmente que los españoles "hayan dejado a su prensa atacar al Rey y a la familia real y evocar las aventuras sentimentales de Moulay Rachid [en Acapulco] y de una princesa [Hola narró la relación de Lalla Hasna con El Litri].

5.11.06

Droits humains

Même les hommes du roi parlent de répression au Sahara
Djamel B., Le Quotidien d'Oran, 05.11.06

Après des ONG internationales, des associations des droits de l’homme, des organisations estudiantines et des notables sahraouis, des députés européens et latino-américains, etc., la répression et l’atteinte aux droits de l’homme au Sahara Occidental ont été dénoncées cette fois-ci par un responsable du Conseil des notables sahraouis mis en place par le roi du Maroc.

Les déclarations d’El-Houcine Baïda interviennent à un moment où les thèses marocaines sur le Sahara Occidental ont, une nouvelle fois, été rejetées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Président de la commission des droits de l’homme au sein du Conseil consultatif royal des affaires sahariennes (Corcas), organisme désigné par le roi du Maroc en mars dernier, M. Houcine Baïda a affirmé que la situation des droits de l’homme au Sahara est aujourd’hui plus qu’inquiétante et l’Etat marocain assume une grande responsabilité. Le notable sahraoui, qui s’exprimait sur les colonnes du «Journal Hebdomadaire», a assuré que la majorité des Sahraouis souffrent de la dégradation des conditions sociales et surtout d’une répression démesurée.

M. Baïda dénonce en fait une répression à grande échelle qui justifie amplement la réaction hostile de la population sahraouie dans les territoires occupés. «Comment réagiriez-vous si on violait votre domicile dans l’illégalité, si on détruisait vos biens, vous matraquait devant vos enfants ?», s’est-il notamment demandé. «Même Israël ne se comporte pas ainsi. Nous sommes prêts à aider les autorités mais elles ne veulent pas», ajoute-t-il.

M. Houcine Baïda a d’autre part estimé que le rapport confidentiel du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme comporte une importante part de vérité. Ce rapport, rendu public en octobre, qui avait été rejeté par le Maroc, avait qualifié la situation des droits de l’homme de préoccupante, particulièrement dans les territoires occupés. Le même notable a affirmé que l’expérience du Corcas est un échec, qualifiant son président Henna Ould Errachid de dictateur. M. Baïda souligne également avoir été tenu à l’écart de l’élaboration du projet d’autonomie que le Maroc veut présenter à l’ONU. «Nous ne savons rien de ce projet, rien sur son évolution».

Les déclarations d’El-Houcine Baïda, qui viennent remettre en cause les thèses défendues par le palais royal, interviennent une semaine après l’appel lancé par un parti marocain pour l’accélération du règlement de la question du Sahara Occidental par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Le parti Ennahj Eddimocrati, qui avait dénoncé la violence policière contre les militants sahraouis, indique dans son bilan annuel sur la situation au Sahara Occidental que la violence et la répression sont devenues les seuls moyens (de l’Etat) pour faire face aux problèmes que connaît la région. Le parti marocain, qui a rappelé les manifestations de militants sahraouis violemment réprimées, les arrestations massives de militants, les violations de leurs domiciles, la torture et les jugements iniques durant cette année, en appelle au respect des libertés au Sahara Occidental et la mise en place d’un référendum d’autodétermination.

Il y a une dizaine de jours, une ONG marocaine de défense des droits de l’homme avait manifesté son inquiétude devant la détérioration de l’état de santé des détenus sahraouis, en grève de la faim dans trois prisons marocaines. Ces 11 militants sahraouis, dont des défenseurs des droits de l’homme détenus depuis au moins six mois dans les prisons, observent depuis juin dernier des mouvements de grèves cycliques pour leur regroupement et pour dénoncer leurs conditions de détention.

Mardi dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU avait réexaminé la question du Sahara Occidental et voté la prorogation du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO), pour une nouvelle période de six mois.

Une nouvelle fois, rejetant les thèses marocaines sur la question du Sahara Occidental, le Conseil de sécurité a adopté, à l’unanimité de ses membres, une résolution dans laquelle il a réaffirmé avec force le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le Conseil rappelle à cet égard sa position qui est celle de la communauté internationale dans son ensemble concernant le règlement de ce conflit, à savoir que la solution doit assurer l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental.

En réaffirmant le droit fondamental du peuple sahraoui, cette résolution du Conseil de sécurité vient confirmer le vote intervenu dans le même sens, le 13 octobre dernier, au sein de la quatrième commission de l’Assemblée générale des Nations unies (Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation) et intervient au lendemain de la publication du rapport accablant du Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, qui dénonce les graves violations dont se rendent coupables les forces d’occupation marocaines contre le peuple sahraoui.

7.10.06

Rapport Droits humains

Un rapport de l'ONU critique l'attitude du Maroc au Sahara occidental
Jean-Pierre Tuquoi, LE MONDE | 07.10.06

C'est un rapport confidentiel du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). Daté de septembre, il est le fruit d'une mission partie enquêter, en mai et juin, sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf, en territoire algérien, à la suite de manifestations violentes qui avaient eu lieu, en 2005, dans la zone sous contrôle marocain.

Long d'une quinzaine de pages, le document n'a eu que trois destinataires : le Maroc, qui occupe le Sahara occidental depuis le départ du colonisateur espagnol, il y a une trentaine d'années ; le Front Polisario, partisan de l'indépendance de ce territoire désertique de la taille de la Belgique ; l'Algérie, enfin, qui accueille sur son sol, à Tindouf, près de 90 000 réfugiés sahraouis.

Le rapport est sévère pour le Maroc. "La situation des droits de l'homme est préoccupante, particulièrement dans la partie du Sahara occidental sous administration marocaine, écrivent les auteurs. Actuellement, le peuple sahraoui se voit dénier le droit à l'autodétermination (ainsi que) toute une série d'autres droits (...). "

Les rapporteurs du HCDH reconnaissent qu'ils ont pu travailler en toute liberté au Maroc et au Sahara occidental et qu'ils ont rencontré qui ils souhaitaient. Leurs critiques à l'encontre de Rabat n'en sont pas moins sévères. Ainsi, ils accusent les autorités marocaines d'avoir "utilisé la force de manière disproportionnée" pour réprimer les manifestations pro-indépendantistes de mai 2005, répression qui fit officiellement un mort et des "centaines de blessés".

"DÉFICIENCES" DE LA JUSTICE

De même pointent-ils du doigt les "sérieuses déficiences" de la justice marocaine lorsqu'il s'agit de "garantir un procès équitable" aux personnes traduites en justice. Les réponses des autorités sur ce point " ne sont pas satisfaisantes", poursuit le rapport. Sur d'autres points - l'usage de la torture, la liberté d'expression ou d'association -, le rapport résume les témoignages à charge recueillis mais évite de conclure de façon trop abrupte. Ses auteurs préfèrent rappeler aux autorités marocaines qu'elles sont tenues d'appliquer les textes internationaux signés par elles.

Le Front Polisario est mieux traité, ce qui risque d'être perçu comme une preuve de partialité par Rabat. Non sans rappeler que des manifestations de masse orchestrées par le Polisario ont émaillé leur séjour à Tindouf, les délégués du Haut Commissariat se montrent peu critiques. Tout juste indiquent-ils que, "selon des sources au Sahara occidental", les responsables sahraouis refusent à certains réfugiés le droit d'aller visiter leur famille restée au Sahara occidental. "La délégation n'était pas en position de pouvoir confirmer (ces) allégations", ajoutent-ils.

Les recommandations finales du rapport risquent de faire grincer des dents à Rabat tant elles sont tranchées et s'éloignent du projet d'autonomie du Sahara occidental, au sein du royaume, défendu par les autorités marocaines. "Le droit d'autodétermination pour le peuple du Sahara occidental doit être assuré et mis en place sans attendre (...). Presque toutes les violations des droits de l'homme (...) se nourrissent de la non-application de ce droit fondamental", note le rapport.

Hasard du calendrier, la publication du rapport intervient alors que le Maroc, revenant sur sa décision, a annulé, le 4 octobre, le déplacement que devait effectuer au Sahara occidental une délégation de parlementaires européens, au prétexte que la majorité de ses membres "épouse sans réserve les thèses du Polisario".

Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 08.10.06

17.9.06

Destituido el director de la Seguridad Nacional marroquí

El Mundo 15.09.06
http://www.elmundo.es/papel/2006/09/15/mundo/2024698.html

El cese de Hamidu Laanigri está relacionado con un supuesto complot islamista para matar a dos ministros socialistas

ALI LMRABET. Corresponsal en Marruecos

Uno de los hombres fuertes de Marruecos, el general de gendarmería Hamidu Laanigri, ya no lo es. El miércoles por la noche, como de costumbre cuando se trata de temas sensibles, la agencia oficial de prensa MAP anunció en un lacónico teletipo el «reemplazo» de Laanigri, hasta la fecha máximo responsable de la Dirección General de la Seguridad Nacional (DGSN).

Personalidad controvertida y considerada muy próxima al entorno del rey, Laanigri acaba de engrosar la larga lista de responsables de la seguridad marroquí recientemente destituidos por el propio soberano alauí a raíz de dos escándalos que sacuden desde hace unas semanas el país. Uno, el reciente descubrimiento de un supuesto complot islamista -con complicidades militares y policiales- para acabar con la vida de dos ministros socialistas, y (otro) el hallazgo de una trama mafiosa de narcotraficantes que implica a Abdelaziz Izzu, el director de la seguridad de los palacios reales y a decenas de oficiales de la gendarmería y de la policía.

En Rabat, se baraja la hipótesis de que Laanigri, que en el pasado ocupó el puesto de director de la Dirección General de la Vigilancia del Territorio (la policía política, DST en sus siglas en francés), haya sido víctima del último gesto impulsivo de Mohamed VI. El monarca está harto de constatar que el reino no solamente sigue siendo un foco de terrorismo islamista y base de operaciones de los «emperadores de la droga» (como se llama a los narcotraficantes), sino que muchos responsables marroquíes, en todos los niveles, están implicados en este tráfico.

En 2003, una inmensa redada en el norte de Marruecos se saldó con la detención de varios «emperadores» así como de una veintena de jueces, fiscales, y miembros de las fuerzas del orden. La investigación fue llevada a cabo por el propio Laanigri, que se implicó personalmente en muchos interrogatorios utilizando, como lo denunciaron algunos de los detenidos, métodos brutales para obtener confesiones.

Finalmente, el saldo de esta redada se quedó en casi nada, ya que la mayoría de los funcionarios arrestados o fueron liberados sin cargos y o fueron condenados a penas menores.

Según el teletipo de la MAP, el temible ex director de la DGSN, que fue remplazado en el cargo por El Wali (gobernador de gobernadores de El Aaiún), ha sido nombrado inspector general de las Fuerzas Auxiliares, una fuerza paramilitar que depende del Ministerio del Interior y cuya misión, entre otras, es «la vigilancia de edificios públicos».

No es exactamente desde este puesto desde el que el general Laanigri, que ha sido acusado de tortura por varias organizaciones internacionales de Derechos Humanos, podrá continuar hostigando y perseguiendo a los disidentes marroquíes.
Ayer, varias organizaciones de apoyo al pueblo saharaui interpusieron en la Audiencia Nacional de Madrid una querella criminal contra Laanigri y otros responsables militares y civiles marroquíes por su presunta responsabilidad en «delitos de genocidio, torturas, detenciones ilegales, secuestros y desapariciones».

14.9.06

Mutation du général Hamidou Laanigri

Maroc : nomination d'un nouveau patron de la police
AFP 13.09.06 | 21h31


Le roi Mohammed VI du Maroc a nommé Charki Draïss à la tête la Direction générale de la surêté nationale (DGSN) en remplacement du général Hamidou Laanigri, a indiqué mercredi l'agence marocaine de presse Map.

Aucune explication officielle n'a été donnée sur cette nomination.

Charki Draïss occupait depuis 2005 le poste de wali (super-gouverneur) de la province d'El Ayoun, chef lieu du Sahara occidental.

Il remplace à la tête de la DGSN, le général Hamidou Laanigri, nommé par le roi, selon la même dépêche, inspecteur général des Forces auxiliaires, un corps armé relevant du ministère de l'Intérieur.

"M. Draiss est un homme du sérail et de confiance. En tant que civil, il a acquis une riche expérience au ministère de l'Intérieur notamment à la direction du renseignement", a déclaré à l'AFP un responsable politique sous le couvert de l'anonymat.

Hamidou Laanigri était directeur général de la DGSN depuis plus de trois ans après les attentats terroristes de Casablanca du 16 mai 2003, qui avaient fait 33 morts et des dizaines de blessés.

Dans ses nouvelles fonctions, le général Laanigri a été chargé de superviser les Forces auxiliaires dans les zones nord et sud du pays, a indiqué l'agence.

Les régions du nord et du sud sont sensibles avec notamment la lutte contre l'immigration clandestine et le trafic de drogue ainsi que le voisignage de ces zones avec l'Europe et l'Afrique subsaharienne, selon ce responsable.

Les deux nominations interviennent quelques jours après l'annonce par le ministère de l'Intérieur du démantelement au Maroc de deux réseaux.

Le premier concernait une cinquantaire d'islamistes accusés de préparer des attentats et le deuxième concernait des trafiquants de drogue à Tanger (nord) et à Casablanca (centre).

L'enquête sur ce dernier réseau a conduit mardi à la suspension de leurs fonctions de douze responsables, dont des officiers de la gendarmerie, de la police, des Forces auxiliaires et de trois cadres du ministère de l'Intérieur ayant rang de "caïd" (administrateur de cercles).

Lors de l'enquête, le chef présumé du réseau de drogue démantelé, Mohamed Kharraz, a cité les noms des douze responsables marocains dont le roi a décidé en personne de les décharger de leurs fonctions en attentant les résultats de l'enquête, a indiqué mardi une source officielle.

21.12.05

El Ayoun 16.12.05 Photos suite






Blessé-e-s

El Ayoun 16.12.05 Photos suite

Maisons saccagées




El Ayoun 16.12.05 PHOTOS


17.12.05

NOUVELLES du 16.12.05


Manifestations à El Ayoun, capitale du Sahara Occidental occupé, réprimées brutalement par les forces colonialistes marocaines
[corr. sur place]

Le 16.12.2005 à 12 :00 les élèves des écoles secondaires de Jansaa et de Mansur Eldahbi sont sortis dans la rue pour une manifestation, en brandissant des drapeaux de la République Arabe Saharauie Démocratique et en criant des slogans contre la présence coloniale marocaine au Sahara Occidental.

En arrivant au quartier Alfath, des citoyens et citoyennes de divers âges se sont joints à eux, formant ainsi une foule qui, selon des témoins directs, est la plus nombreuse enregistrée depuis le 21 mai passé, date du début du mouvement de protestation pacifique sahraoui.

Les forces de sécurité marocaines, arrivées à bord de 16 camions, sont immédiatement intervenues de façon brutale, poursuivant les manifestants, attaquant les maisons des Sahraouis qui les empêchaient d'entrer. Dans le but d'empêcher les manifestations, spécialement dans l'École de Jansaa, les autorités ont obligé les élèves à sortir de l'école classe par classe, sous contrôle policier.

Les forces d'occupation ont attaqué des maisons sahraouies le long des rues où a passé la manifestation, faisant sortir brutalement les habitants, les ruant de coups et les maltraitant en pleine rue. On a vu des ambulances évacuer des blessés.

La rue de Ligzit a connu une autre manifestation. Les informations indiquent que les autorités marocaines ont utilisé des policiers en civil infiltrés parmi les manifestants et, à la première intervention des forces de sécurité, ces policiers ont participé à la répression brutale contre les Sahraouis.

Un grand nombre de citoyens sahraouis a été blessé ou emprisonné, ainsi que des dizaines de maisons saccagées.

Le bilan provisoire est le suivant :

1. Maisons saccagées :

  1. Maison d'Ahel Boudebbous.
  2. Maison d'Ahel Bouchalga.
  3. Maison de Bachir Amidan
  4. Maison de Hamdi ould Alarabi
  5. Maison d'Ahel Silamou (Mohamed Salem Ould Embarec)
  6. Maison d'Ahel Bouyemaa
  7. Maison de Hamdi Ould lefdil
  8. Maison d'Embarek Eljalil
  9. Maison d'Ahel Hallab Salama
  10. Maison d'Ahel Deida

2. Liste des blessés :

  1. Fatma mint Bouchalga -- Fracture
  2. Bachir Ould Sidi Ould Boudebbous -- Fracture
  3. Bounan Mustafa -- Fractures graves des mains et jambes
  4. Mohamed Bachir Amidan -- blessé
  5. Aziza Bachir Amidan -- blessée
  6. Embarka Bachir Amidan -- blessée, fracture de la main
  7. Ghleila Bachir Amidan -- blessée
  8. Kaziza Mohamed -- blessé
  9. Monnina Boudebbous -- blessée
  10. Deidda Kaziza -- blessée
  11. Lemgheibila Amidan -- blessée
  12. Boudebbous Mariam -- blessée, dans le coma
  13. Alumri Soumeya -- blessée au dos et à une main
  14. Amidan Mohammed -- blessé gravement
  15. Mariam Lensari -- blessée
  16. Alfarrah Hallab -- blessé à la tête
  17. Larabas Eddeich -- Fracture main et blessures tête
  18. Albuchra Ghleijilha -- blessée
  19. Aluat Dahi -- blessé
  20. Bneya Deiddad -- blessée
  21. Ayach Zahra Alisalem Bahi -- blessée
  22. Fatma Alghallaui -- blessée
  23. Fatma Allali Lefdeil (anciana) -- blessée
  24. Rodouan Mohamed Allali -- blessé
  25. Toumanna Salama Lefdeil -- blessée
  26. Sidahmed Lefdeil -- Herdio
  27. Essida Sidi Barka -- blessée à la tête
  28. Cheij Sidi Alarbi -- blessé
  29. Ezzouha Bachir Amidan -- Fracture
  30. Toufik Abdelhai Ould Aidari -- blessé
  31. Elfarrah Hasan Omar -- blessé
  32. Mahmoud Nayem -- blessures graves et vomit du sang
  33. Edbeidebbat Sidi el housin -- blessée
  34. Ejueya Sidi Elhusein -- blessée
  35. Munnina Sidi Elhusein-- blessée
  36. Hal-lab Matu -- blessée
  37. Hal-lab Zahara -- blessée
  38. Hammadi Elmahyub Deiraa -- blessé
  39. Hal-lab Masaud -- blessé
  40. Mohammed Ennayem -- blessé
  41. Zeruali Siida -- blessée
  42. Alua Ali Beiba -- blessé
  43. Chiaa Aluat -- blessé
  44. Leguara Aicha -- blessée
  45. Ali Salem Lemuahad -- blessé

3. Blessés postérieurement emprisonnés :

  1. Asrir Fatma Al-lali Lefdil
  2. Chein Bachir Amidan
  3. Ibrahim Sah
  4. Inyurni Baha
  5. Budabbus Cheij
  6. Mustafa uld Salek uld Buseif
  7. Ibrahimessalem Elfarrah Salama
  8. Elfarrah Umar Hal-lab
  9. Baha Mohamed Seil-lamu
  10. Ualda Baba Ahmed
  11. Deidda Elhurría
  12. Zahra Ahmed Fal Mohamed Yahdih
  13. Mohamed Salem uld Abdelfatah
  14. Taqi Ergueibi
  15. Taqi Seif
  16. Embarek uld Eljalil
  17. Hal-lab Umessaad
  18. Cheij Elarabi
  19. Amidan Said
  20. Maaluma Arabi
  21. Maaluma Lejlifi
  22. Mahmud Ennayem

4. Arrêtés :

  1. Zeruali Sidi
  2. Mohamed Chein
  3. Hal-lab Galia
  4. Chej Amidan
  5. Tumanna Hal-lab
  6. Mohamed Fadel Baba Ahmed
  7. Buchalga Raguía
  8. Salek Chein
  9. Elyatim Mohamed
  10. Budabbus Deudat
  11. Fatma mint Eil-lal
  12. Aglalemnat Amidan
  13. Matu Brahimeljalil
  14. Lamina
  15. Busaula Zahra Larusi
  16. Rabab Mohamed Elhamel
  17. Umelfadli Lefdil Embarek
  18. Umusaad Embarek Eljalil
  19. Zeineddin Leída
  20. Abulia mint Fal
  21. Emrabbih uld Buyemaa
  22. Ybrahim uld Hammad uld Taher Maatal-la
  23. Esiidi Moulud Mohamed Mohamed (adolescente )
  24. Euerib Dahba Mohamed Fadel
  25. Lakhal Mohamed uld Abdal-la
  26. Baba uld Mohamed Salem uld Taglabut
  27. Babeit Juna
  28. Mustafa Elyusfi
  29. Reduan Lefdil
  30. Lefqir Babeit Tiguilbut
  31. Salek Rgueibi uld embeirik
  32. Mohamed Elhasán Embeirik
  33. Brahimessalem Elfarrah Salama
  34. Bahi Mohamed Embarek
  35. Elhay Ualda Chiaa
  36. Bueida Mohamad Charfi
  37. Heimuda Hammadi
  38. Ali Salem Elyahyaui
  39. Babeit Mustafa
  40. Mustafa Elmiri
  41. Mohamed Emrabbih Abdelyalil
  42. Haddi Moulud

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NOTICIAS 16.12.05

Manifestaciones en el Aiun, Capital del Sahara Occidental ocupado, reprimidas brutalmente por las fuerzas colonialistas marroquíes

A las 12 :00 del día de 16.12.2005 los alumnos de la escuela secundaria de Jansaa y la de Mansur Eldahbi, ambas en la capital ocupada del Aiun, salieron en una manifestación, enarbolando las banderas de la República Árabe Saharaui Democrática y gritando con eslóganes en contra de la presencia colonial marroquí en el Sahara Occidental.

Al llegar la manifestación al barrio de Alfath, se incorporó a ella ciudadanos y ciudadanas de distintas edades, hombres, mujeres y jóvenes, formando así una manifestación que, según testigos directos, es la más numerosa registrada hasta ahora desde el pasado 21 de mayo, fecha del movimiento de protesta pacífico saharaui.

Inmediatamente intervinieron las unidades de las fuerzas de seguridad marroquíes, emprendiendo una represión brutal, persiguiendo a los manifestantes, atacando las casas de los saharauis que defendieron sus hogares ante un gran numero de agentes marroquíes que llegaron en 16 camiones. Las autoridades marroquíes, con el objetivo de impedir las manifestaciones, especialmente en la Escuela de Jansaa, ha obligado a los alumnos a salir de la escuela por clases, controlados por los policías.

Las fuerzas de ocupación atacaron casas saharauis a lo largo de las calles donde se organizó la manifestación, sacando brutalmente a todos los que encuentra, exponiéndoles a fuertes golpes y torturándoles en plena calle. Se vieron ambulancias evacuando heridos.

La calle de Ligzit conoció otra manifestación. Las informaciones señalan que las autoridades marroquíes utiliza policías con ropa civil que infiltra dentro de los manifestantes y, a la primera intervención de las fuerzas de seguridad, estos policías colaboran en la brutal represión contra los saharauis.

A raíz de las manifestaciones populares pacificas que han tenido lugar durante todo el día de hoy en el Aiun, la capital saharaui ocupada, y en las cuales los ciudadanos saharauis han enarbolado las banderas de la RASD, y los eslóganes que rechazan la ocupación marroquí y reclaman la independencia del Sahara occidental, los manifestantes se han confrontado con una campaña de represión salvaje de la parte de las fuerzas de seguridad y el ejercito marroquí. Grán numero de ciudadanos sahrauis resultaron heridos o encarcelados, asi como decenas de casas saqueadas .

La datos provisionales son los siguientes :

1. Casas saqueadas :

  1. Casa de Ahel Boudebbous.
  2. Casa de Ahel Bouchalga.
  3. Casa de Bachir Amidan
  4. Casa de Hamdi ould Alarabi
  5. Casa de Ahel Silamou (Mohamed Salem Ould Embarec)
  6. Casa de Ahel Bouyemaa
  7. Casa de Hamdi Ould lefdil
  8. Casa de Embarek Eljalil
  9. Casa de Ahel Hallab Salama
  10. Casa de Ahel Deida

2 . Lista de los heridos :

  1. Fatma mint Bouchalga -- Fractura
  2. Bachir Ould Sidi Ould Boudebbous -- Fractura
  3. Bounan Mustafa -- Fracturas muy criticas en las manos y las piernas
  4. Mohamed Bachir Amidan -- Herido
  5. Aziza Bachir Amidan -- Herida
  6. Embarka Bachir Amidan -- Herida, fractura en una mano
  7. Ghleila Bachir Amidan -- Herida
  8. Kaziza Mohamed -- Herido
  9. Monnina Boudebbous -- Herida
  10. Deidda Kaziza -- Herida
  11. Lemgheibila Amidan -- Herida
  12. Boudebbous Mariam -- herida, en estado de coma
  13. Alumri Soumeya -- Herida en la espalda y en una mano
  14. Amidan Mohammed -- Heridas muy graves
  15. Mariam Lensari -- Herida
  16. Alfarrah Hallab -- Herido en la cabeza
  17. Larabas Eddeich -- Fractura en una mano y heridas en la cabeza
  18. Albuchra Ghleijilha -- Herida
  19. Aluat Dahi -- Herido
  20. Bneya Deiddad -- Herida
  21. Ayach Zahra Alisalem Bahi -- Herida
  22. Fatma Alghallaui -- Herida
  23. Fatma Allali Lefdeil (anciana) -- Herida
  24. Rodouan Mohamed Allali -- Herido
  25. Toumanna Salama Lefdeil -- Herida
  26. Sidahmed Lefdeil -- Herdio
  27. Essida Sidi Barka -- Herida en la cabeza
  28. Cheij Sidi Alarbi -- Herido
  29. Ezzouha Bachir Amidan -- Fractura
  30. Toufik Abdelhai Ould Aidari -- Herido
  31. Elfarrah Hasan Omar -- Herido
  32. Mahmoud Nayem -- Heridas graves y vomita sangre
  33. Edbeidebbat Sidi el housin -- Herida
  34. Ejueya Sidi Elhusein -- herida
  35. Munnina Sidi Elhusein-- herida
  36. Hal-lab Matu -- herida
  37. Hal-lab Zahara -- herida
  38. Hammadi Elmahyub Deiraa -- herido
  39. Hal-lab Masaud -- herido
  40. Mohammed Ennayem -- herido
  41. Zeruali Siida -- Herida
  42. Alua Ali Beiba -- herido
  43. Chiaa Aluat -- herido
  44. Leguara Aicha -- herida
  45. Ali Salem Lemuahad -- herido

3 . Heridos posteriormente encarcelados :

  1. Asrir Fatma Al-lali Lefdil
  2. Chein Bachir Amidan
  3. Ibrahim Sah
  4. Inyurni Baha
  5. Budabbus Cheij
  6. Mustafa uld Salek uld Buseif
  7. Ibrahimessalem Elfarrah Salama
  8. Elfarrah Umar Hal-lab
  9. Baha Mohamed Seil-lamu
  10. Ualda Baba Ahmed
  11. Deidda Elhurría
  12. Zahra Ahmed Fal Mohamed Yahdih
  13. Mohamed Salem uld Abdelfatah
  14. Taqi Ergueibi
  15. Taqi Seif
  16. Embarek uld Eljalil
  17. Hal-lab Umessaad
  18. Cheij Elarabi
  19. Amidan Said
  20. Maaluma Arabi
  21. Maaluma Lejlifi
  22. Mahmud Ennayem

4 . Detenidos :

  1. Zeruali Sidi
  2. Mohamed Chein
  3. Hal-lab Galia
  4. Chej Amidan
  5. Tumanna Hal-lab
  6. Mohamed Fadel Baba Ahmed
  7. Buchalga Raguía
  8. Salek Chein
  9. Elyatim Mohamed
  10. Budabbus Deudat
  11. Fatma mint Eil-lal
  12. Aglalemnat Amidan
  13. Matu Brahimeljalil
  14. Lamina
  15. Busaula Zahra Larusi
  16. Rabab Mohamed Elhamel
  17. Umelfadli Lefdil Embarek
  18. Umusaad Embarek Eljalil
  19. Zeineddin Leída
  20. Abulia mint Fal
  21. Emrabbih uld Buyemaa
  22. Ybrahim uld Hammad uld Taher Maatal-la
  23. Esiidi Moulud Mohamed Mohamed (adolescente )
  24. Euerib Dahba Mohamed Fadel
  25. Lakhal Mohamed uld Abdal-la
  26. Baba uld Mohamed Salem uld Taglabut
  27. Babeit Juna
  28. Mustafa Elyusfi
  29. Reduan Lefdil
  30. Lefqir Babeit Tiguilbut
  31. Salek Rgueibi uld embeirik
  32. Mohamed Elhasán Embeirik
  33. Brahimessalem Elfarrah Salama
  34. Bahi Mohamed Embarek
  35. Elhay Ualda Chiaa
  36. Bueida Mohamad Charfi
  37. Heimuda Hammadi
  38. Ali Salem Elyahyaui
  39. Babeit Mustafa
  40. Mustafa Elmiri
  41. Mohamed Emrabbih Abdelyalil
  42. Haddi Moulud